Rennes-Paris avec arrêts intermédiaires.

C’est la première fois que je prends un train aussi vide. A Rennes 20% de taux de remplissage. 

Ravi, je commence à m’étaler.

Et bingo, forcement, 20 minutes plus tard à Laval, je me coltine une voisine. J’étais ravi d’avoir de la place et voilà, retour au bon vieux TGV normal.

Heureusement, l’animation allait venir.

Les contrôleurs 

Après être passé dans un tourniquet qui contrôle les billets, je n’ai jamais été contrôlé. Et là : contrôle.

Je tends mon portable sur lequel figure mon E-billet au contrôleur.

Le bip de sa machine n’indique rien de bon.

Je n’avais jamais vraiment fait attention, mais dans le mail de confirmation de paiement de la carte jeune, il est indiqué qu’il faut la retirer à une borne. Ne l’ayant jamais fait, je suis foutu…

101€ à payer pour la différence entre mon billet et le prix de dernière minute… Me voilà ravi.

Toujours respectueux du contrôleur (je ne supporte pas le manque d’empathie des voyageurs excédés qui passent leurs nerfs sur les pauvres employés qui font de leur mieux) qui est très professionnel, ferme et sympathique, je finis par sortir ma carte bleue. Il m’explique comment me faire rembourser et comment faire en sorte que ce genre de désagrément ne m’arrive plus et il part.

Je me remets au travail, les partiels commencent demain, ce n’est pas le moment de perdre du temps.

Puis vient un deuxième contrôle suite à notre deuxième arrêt. Je montre mon amande, le contrôleur réveille ma voisine qui s’était endormie pour la contrôler. Elle râle. C’est la première fois que je la regarde du trajet. Je déteste le moment où je regarde le visage d’une personne simplement pour m’informer de qui est à côté de moi et qu’on me lance un regard de “tu veux ma photo” en retour.

Ma voisine

Elle est élégante, très bien habillée avec un manteau rouge et approche de la trentaine.

Suite à ma bonne expériance de la semaine précédente, je prévoyais de discuter avec elle.

Mais elle a l’air de mauvaise humeur, c’est mal barré. En plus, j’ai pas mal de travail alors je me dis “je ne lui parle pas avant d’avoir terminé”(magnifique méthode pour repousser le moment qui me fout la pression).

Et au bout d’un moment, ce qui devait arriver, arriva : mon travail était terminé. 

Retour de la pression.

Mais je ne me laisse pas trop de temps pour réfléchir, je vois quelle lit le livre qui était posé sur ses genoux depuis le début du trajet.

Alors j’engage la conversation sur son livre tutoiement direct !

Elle enlève ses écouteurs et on commence à discuter. En fait, elle n’est pas du tout de mauvaise humeur !

Elle est même très sympa. Elle travaille dans la haute couture et la mode, milieu que je ne connais pas. J’ai donc 1000 questions.

Au fil de notre discussion, on rigole, je remarque qu’elle ferme de plus en plus son livre. Elle finit même par mettre son marque page.

On continue à discuter.

Bref, j’ai appris énormément sur la mode, ce milieu si fermé et particulier. Les couturiers, les designers de vêtements, la différence entre travailler à Paris et en province, les grandes maisons, comment on y est perçu, ce qu’on y fait et bien plus.

Après une si bonne expérience, j’ai une motivation supplémentaire pour me lancer dans le métro parisien en rentrant du travail. 

Merci à ma voisine pour cette rencontre enrichissante.